Après le choc pétrolier de 1973, le marché de l'automobile va soudainement changer de typologie. Désormais, les voitures seront avant tout économiques et les monstres de puissance des années 70 sont rapidement rangés au musée comme les témoins d'une époque d'insouciance révolue. Cependant, les constructeurs Européens vont prendre conscience que la vente automobile ne peut se résumer à celle d'un outil de déplacement. Le rêve, le désir et la passion doivent demeurer des facteurs d'achat importants. Peugeot, jusqu'alors spécialiste des berlines traditionnelles et "provinciales", éprouve comme tous les constructeurs d'importantes difficultés financières pour surmonter la crise et souhaite amorcer une réorientation de son marketing vers plus de dynamisme, persuadé que les versions performantes sont de bons vecteurs d'image pour une gamme de véhicules. Cette réflexion a démarré en 1977 avec le nouveau moteur XU et la conception de la gamme 205. L'étonnant succès de la Volkswagen Golf GTI lancée en 1976 va conforter Peugeot dans ses certitudes. Au début des années 80, la VW Golf GTi règne toujours en maître sur le clan des petites sportives, les "GTi" comme on les appelle désormais. En Février 1983, la gamme Peugeot 205 est présentée au public, mais ce n'est qu'un an plus tard, le 1er Mars 1984 au salon de Genève, que la Peugeot 205 GTi apparaît...
D'un point de vue stylistique, la 205 GTI reste assez proche de la version de base tout en se démarquant au premier regard. Avec les années et malgré le grand nombre d'exemplaire produits, on trouve toujours à cette ligne un charme certain qui fait que l'on se retourne volontier au passage d'un exemplaire en bel état d'origine. La 205 GTI se la joue "chic et sport", à l'image de la Golf du même nom. La GTI s'habille en tenue de sport avec des sièges semi-baquets en velours "Biarritz" et une moquette d'un rouge vif qui saute aux yeux ! La position de conduite n'est pas le point fort de la 205, l'assise et trop haute (ou le volant trop bas) et les sièges manquent un peu de maintien latéral. De plus, rien n'est réglable... alors il faut s'y habituer. Derrière un volant peu sportif à 2 branches en plastique (jusqu'en 87) bien que siglé GTi, le combinés des compteurs est lui aussi spécifique à la GTI et très richement doté. En revanche, le tableau de bord des premières générations est une mine à rossignols en tous genre et son design n'a rien de franchement séduisant. Heureusement, la Peugeot 205 GTI n'oublie pas ses aspects pratiques de coach et possède également une banquette arrière rabattable par moitié et des sièges avant à basculement. Les options, une vraie tradition à l'époque, comprenaient le pack électrique (verrouillage centralisé et lève-vitres avant électriques) et la peinture noire vernie ou métallisée, gris Futura (clair) et gris Graphite (foncé) en plus des teintes de base, blanc Meije et rouge Vallelunga. Sur les modèles 1985, un détecteur de niveau d'huile est ajouté au tableau de bord avec son témoin dans le logomètre de température d'huile. Le volant a quand à lui un obturateur à nouveau design. En 1988, Peugeot opère un premier restylage intérieur et extérieur sur toute la gamme 205. Sur les 205 GTi 1.6, le tableau de bord change, le coloris est gris et elles reçoivent enfin un volant plus sportif à 3 branches gainé de cuir. Extérieurement, les rétroviseurs extérieurs changent de dessin, et sur le hayon, le becquet arrière qui change de forme également, est vissé et non plus collé. Sur les GTi 115 ch à partir de 1988, nouvelle sellerie : le tweed "Monaco". En juillet 1990, Peugeot procède à nouveau à un lèger lifting extérieur : les clignotants avants deviennent blancs et le bloc des feux arrière sont rouge et noir fumé, dans le style des 309 et 405. La couleur du tableau de bord passe au noir. Toutes les 205 GTi sont équipées de la sellerie en velours "Quartet". Concernant l'équipement, il y a aussi des nouveautés : en série sur toutes les versions, l'alarme d'oubli des feux, les ceintures arrières à enrouleur, le rétroviseur droit .
La 205 GTI 1.6 a été commercialisée de 1984 à 1992. Avec un départ commercial en fanfare, elle va atteindre 35 522 immatriculations dès la première année de commercialisation et 49 428 exemplaires en 1985, ce qui constituera son record absolu. Progressivement, les ventes de la GTI 105 vont décliner jusqu'à son remplacement définitif par la 115 fin 86. La Peugeot 205 GTI 1,9L de 130 ch, apparue sur le marché en septembre 1986, lui volera rapidement la vedette. En tout, 332 942 GTI ont été produites entre 1984 et 1994 avec ses différentes motorisations ce qui fait qu'aujourd'hui encore, l'offre est importante... mais pas forcémment alléchante ! Les premières 205 GTI 105 sont les plus rares et de surcroît rarissimes en bon état. Ne parlons même pas des GTI équipées du Kit routier 125 ch, devenues de véritables "collectors"... Normal, quand on y pense, même les dernières 205 GTI 1.6 de 1992 ont tout de même 12 ans ! Unanimement reconnue pour ses qualités mécaniques, la 205 GTI bénéficie à son avantage de moteurs fiables et réputés indestructibles. Les gros kilométrages ne lui font en effet pas peur, moyennant un entretien sérieux. Mais n'oubliez pas qu'une bonne affaire n'est pas un achat "pas cher", mais un achat qui "ne coûtera pas cher"... Avant tout, fuyez les modèles touchés par le tuning. Une opération de remise à l'origine vous coutera sans doute très cher ! Méfiance aussi face aux offres trop alléchantes, la véracité du kilométrage avancé doit être scrupuleusement confirmée : compteurs correspondant au millésime (changement en 87 du tableau de bord) sans traces de griffures ou vis abîmées, état des sièges (l'usure du tissu étant assez rapide) et correspondance des tissus avec l'année millésime du modèle, état des moquettes, etc... De préférence, optez donc pour un modèle d'origine avec factures et carnet de révisions à jour qui vous permettront de juger du bon entretien et du suivi du véhicule, idéalement effectué dans le réseau Peugeot. Pour être certain à 100% de l'authenticité de la voiture, vérifiez aussi les concordances entre les numéros de série indiqués sur la carte grise et sur la voiture. Pour info, la plaque constructeur est placée, dans le compartiment moteur sur le passage de roue avant droit. Elle comporte le numéro d'identification constructeur à 17 chiffres et lettres (sous la forme VF3741C6600000000), le type mine des GTI 1.6l étant 741C66. Le type moteur (XU 5JA) et son numéro sont marqués sur une plaque fixée sur le bloc au dessus de l'alternateur. La référence peinture d'origine est marquée, dans le compartiment moteur, sur la tôle d'armature avant gauche. Vérifiez aussi, par exemple, la concordance entre le millésime et le type de la boîte de vitesses (BE 3 à partir de 89). A l'arrêt, profitez-en pour inspecter l'usure générale. Si des fissures anormalement grandes sur la peinture ou même sur la caisse apparaissent dans le prolongement en haut des portières ou au départ des bas de caisse, c'est que les précédents conducteurs n'ont pas ménagé la voiture au niveau de la conduite. Au rayon des bonnes nouvelles, la 205 est assez peu sensible à la rouille excepté sur les premiers modèles où des points de corrosion peuvent apparaitre sur l'entourage de la lunette arrière et le pavillon. Disponible à partir du millésime 85, le toit ouvrant optionnel est agréable mais rajoute quelques rossignols supplémentaires à un ensemble qui vieillit assez mal à ce niveau. Enfin, demandez obligatoirement un essai sur route afin de juger de la bonne santé du moteur et des autres organes mécaniques. A ce sujet, il est intéressant de noter que la 205 GTI a souvent été conduite par des femmes, son côté BCBG lui ayant permis de conquérir les faveurs de ces dames qui, en contrepartie, ne lui ont pas trop mené la vie dure. Toutefois, le moteur de la 1.6 litres 105 est le plus pointu et exige de fréquents rétrogradages, ce qui a pour conséquence que son embrayage et sa boîte fatiguent d'autant plus rapidement si la voiture a fait beaucoup de ville ou de conduite sportive. A changer avant que les synchros en prennent un coup. Les moteurs 1.6 souffrent aussi d'une irrégularité chronique de fonctionnement notamment à cause des injecteurs qui s'encrassent en circulation urbaine. Moteur calant à chaud, ralenti instable, démarrages difficiles, à-coups à bas régime, sont assez habituels et il ne faut pas s'en inquiéter. Une légère amélioration en usine au millésime 88 sera trouvée avec un papillon de gaz et un boitier d'injection modifiés. La chaîne de distribution est à changer vers 80 000 km, c'est le point le plus important à surveiller. On constate aussi une fragilité de la pompe à essence entraînant parfois quelques fuites de carburant à partir de 60000 km ou des difficultés à démarrer. Un léger jeu dans les rotules de direction peut apparaître après 150000 km si la voiture a été conduite à la dure. La direction assistée était une option qui peut se réveler attractive vu la lourdeur décourageante pour les manoeuvre en ville.
HISTORIQUE
1983 : Lancement en février la gamme 205.
1984 : Dévoilée en janvier, la 205 GTI sort le 1er mars 1984. En décembre, la 205 GTI est élue "sportive de l'année" par le magazine "Echappement". Août, détecteur de niveau d'huile avec témoin dans le logomètre de température d'huile.
1985 : En février, Peugeot Talbot Sport propose le kit routier de 125 ch pour la 205.
1986 : En février, option 115 ch (moteur "XU 5JA). En décembre, la GTI 115 ch entre au catalogue avec la GTI 1.9 130. Arrêt de la GTI 105 ch.
1987 : En août, nouvelle planche de bord et nouveau becquet arrière.
1989 : En août, adoption de la boite de vitesses BE3.
1990 : Sur les modèles 91, clignotants avant blancs et feux arrières fumés. Création de l'option ABR. Condamnation centralisée des portes avec une télécommande infrarouge en option.
1992 : Août, arrêt de la GTI 1.6 115 ch.
1994 : Le 31 janvier, arrêt de fabrication de la 205 GTI.